dimanche 18 novembre 2018

Présentation des auteurs [17] - Jean-Marc Dhainaut

Présentation :

 
·       Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Jean-Marc Dhainaut. J’ai 45 ans, mais ça, ce n’est que sur les papiers. Concrètement, j’ai décidé d’arrêter de vieillir lorsque j’ai eu 40 ans (rires). Je suis né dans le Nord et j’habite dans le Pas de Calais. Je suis ouvrier dans l’industrie automobile.
 

·       Pouvez-vous nous parler de vous et de votre passion pour l’écriture ?
     Avez-vous toujours su que vous seriez écrivain ?
     Quel a été l’élément déclencheur qui vous a poussé à écrire?
      Depuis combien de temps écrivez-vous ?

Mon arrivée dans le monde de l’écriture n’était pas prévue. Ce n’est pas quelque chose dont je rêvais depuis des années ou après quoi je courrais. Je ne me prétends pas écrivain, je laisse ce terme aux élites (ceux dont c’est vraiment le métier, qui en vivent). Je suis simplement un auteur. L’écriture n’est pas une passion, c’est autre chose que j’ai du mal à définir pour moi. Ce n’est pas non plus un besoin : je ne cherche pas à exorciser ou exprimer quoi que ce soit. Je crois qu’en écrivant j’ai simplement répondu à l’instinct qui me chuchotait de le faire parce que mon imagination me dessinait des scénarios autour de tout ce qui m’a rendu curieux dans la vie. En y songeant, je pense simplement que c’est le destin qui m’a parachuté là parce que j’avais des histoires à raconter. L’élément déclencheur fut des histoires surnaturelles et fantastiques que j’inventais en 2013 sur Facebook et dans lesquelles je donnais des rôles totalement caricaturaux et humoristiques à mes amis, ma famille. Je me suis alors découvert à travers ces histoires qui plaisaient une étrange envie d’aller plus loin. Un scénario (celui de mon premier roman Au-delà d’un destin) avait germé dans mon esprit quelques années plus tôt, mais je ne réalisais pas encore qu’un jour je passerais de la vague idée ou envie à l’écriture. Je me suis donc lancé dans l’aventure à partir de 2014 et j’ai été publié pour la première fois en 2016 (par une maison d’édition alternative, chose qui m’a certainement mis le pied à l’étrier).

 
·       Avez-vous un autre métier ou vivez-vous de votre passion pour l’écriture ? dans le cas, d’activités multiples, comment arrivez-vous à les concilier ? (Au niveau temps)
Est-ce que vous écrivez tous les jours ?

Vivre de ses livres est je crois le rêve ultime de tous les auteurs. J’aimerais bien, mais c’est impossible pour l’instant. Comme je l’expliquais dans ma présentation, j’ai un autre métier : je travaille en usine, dans l’automobile. Comme je travaille en horaires postés, j’écris lorsque le temps et la fatigue me le permettent, et ce n’est pas toujours facile. J’essaie d’écrire tous les jours, mais je ne me mets pas de pression. Je n’écris pas pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, pas même à moi-même, alors je prends le temps. Il m’a fallu toutefois faire le tri dans mes nombreuses passions ou centres de curiosités, et c’est parfois frustrant. Je crois, que pour pouvoir faire tout ce que j’ai envie de faire et de découvrir, que plusieurs vies me seront nécessaires (rires).
 

·       Pouvez-vous nous raconter comment vous vous organisez lorsque vous écrivez ?
(Où puisez-vous vos idées ? Comment construisez-vous vos personnages ? Est-ce que vous vous inspirez de vos proches, de votre histoire personnelle ?)
Lorsque vous commencez l’écriture d’un roman, est-ce que vous suivez un processus particulier ?

J’ai un classeur pour chaque roman. Dedans, j’y griffonne mes idées, la trame, les éléments, mais je ne fais aucun plan, aucun squelette. Tout commence par une sorte de puzzle dont je connais le début, la fin, et quelques pièces du milieu. Ensuite, je chemine au grès de l’imagination en harmonisant l’ensemble des idées qui me viennent. Je ne travaille jamais sur plusieurs romans en même temps, j’aurais horreur de me disperser. Ensuite, je ne commence jamais l’écriture d’un roman tant que je n’en ai pas trouvé le titre. Le titre est pour moi un fil conducteur. Il m’est arrivé de le changer, mais sans jamais m’écarter de ce fil. Je m’inspire de tout, absolument tout : de ce que j’ai pu vivre, de mes passions, entendre, voir, de gens qui m’entourent ou d’histoires que l’on me raconte. Par exemple, mon meilleur ami m’a inspiré de nombreuses choses d’après des histoires qu’il me racontait et qui nourrissaient aussitôt mon imagination sans qu’il ne s’en rende forcément compte. Mais il le découvre après. Donc, pire qu’à un journaliste, attention à ce que vous racontez à un auteur (rires). J’écris de manière linéaire : par exemple, je ne vais pas entamer le chapitre final, puis écrire le 7ème, puis commencer un tel passage qui doit se passer plus loin. Je coordonne tout grâce à l’ensemble de mes notes et j’avance étape par étape sans jamais en brûler. Je sais ce qui va se passer plus loin, mais j’y viens progressivement, au fur et à mesure.


·       Comment est né Alan Lambin ?

J’avais envie de créer un personnage au cœur des nombreux témoignages qui existent sur les phénomènes de hantises, et de le rendre témoin lui-même de ces choses curieuses sur lesquelles il enquête avec beaucoup de recul et de discernement.  Mon attachement à la Bretagne (terre de légendes), puisque j’ai ma sœur qui y vit, se prêtait parfaitement à l’état d’esprit d’Alan Lambin et à la manière dont il a forgé ses convictions (souvent mises à rude épreuve). C’est pour cela qu’il porte un prénom breton, d’ailleurs, et qu’il habite dans un petit hameau des côtes d’Armor. Son père étant né dans le Nord, il porte le nom de famille Lambin (qui est le nom de jeune fille de mon arrière-arrière-grand-mère). Un animateur de radio m’a un jour fait cette réflexion « Alan Lambin est un personnage plutôt torturé, non ? » et cette question m’avait beaucoup surpris car elle me faisait réaliser, en effet, qu’il l’était bel et bien. Paradoxalement, la vie et les émotions que je créais chez Alan faisaient de lui quelqu’un de mystérieux, posé, mais effectivement torturé émotionnellement. Au-delà de ce qu’il était, sa vie sentimentale, et sa vie tout simplement, lui avaient tellement fait de crocs-en-jambe qu’il portait au fond de lui des blessures qui le faisaient toujours souffrir et renoncer à un bonheur auquel il avait pourtant droit, lui aussi.

·       Pourquoi les histoires de fantômes ?

J’ai toujours été, non pas passionné, mais intrigué par les phénomènes de hantises et par les nombreux témoignages que j’ai pu entendre de la bouche de ceux qui les vivaient (souvent des familles entières que cela bouleversait). Le paranormal offre un tel champ à l’imagination que j’aime l’explorer avec toutes les hypothèses possibles propres au fantastique, et provoquer des émotions souvent angoissantes et frissonnantes tout en touchant les lecteurs. Il est naturel d’avoir peur de ce que l’on ne connaît pas, et j’essaie de jouer avec ces peurs. Mais mes romans ne sont pas des machines à faire sursauter comme on peut le voir au cinéma ni des trains fantômes qui font hurler de terreur, j’essaie d’apporter bien d’autres choses que l’imagination du lecteur se veut de décrypter et de ressentir. L’Histoire tourmentée de notre pays me sert souvent de fond, car j’y suis très sensible.


·       Que ressent-on lorsque l’on peut toucher pour la première fois notre histoire, fruit de tant de travail, sous format livre / papier ?

C’est une sensation étrange, mais pour tout vous dire, je la ressens toujours à chaque fois que je regarde mes romans. Je ne réalise pas. Je vais vous dire la vérité : lorsque je lis des chroniques de mes romans, j’ai l’impression que ce n’est pas de mes écrits ni de moi dont il s’agit. J’ai un sourire jusqu’aux oreilles, mais je ne réalise pas. J’ai l’impression que cela concerne quelqu’un d’autre. Et lorsque je regarde mes romans posés sur une table de dédicace, je me demande parfois pourquoi je suis là, comment ça se fait ? Cela peut paraître idiot, mais c’est la vérité. J’ai l’impression de vivre un rêve. Oui, c’est ce que je ressens. Mais si c’est un rêve inconscient (puisque je n’étais pas prédestiné à l’écriture), je suis content d’avoir tout fait pour le réaliser (et ça n’a pas toujours été facile) et en être arrivé-là. Mais je ne dois pas cette réussite qu’à moi seul. Je la dois à tous ceux qui m’ont fait confiance et m’ont soutenu. Et cela passe par ma maison d’édition (Taurnada), mais aussi à la quinzaine de personnes que je connais et auxquelles je fais lire mes manuscrits avant de les envoyer. Leurs retours de lectures me sont très importants et me permettent de peaufiner mon travail. C’est comme si chaque roman qui sort est le fruit d’un travail d’équipe. Si un jour cette aventure formidable dans ma vie devait s’arrêter, je n’aurais rien à regretter.


 
Pour le fun :
 

·       Quel est votre rêve le plus cher ?

Revoir un jour tous ceux qui me manquent, ou me manqueront, et pouvoir les prendre dans mes bras.
 

·       Si vous pouviez avoir un pouvoir magique, quel serait-il ? Pourquoi ?

Connaître l’histoire d’un objet, d’un lieu, quel qu’il soit, rien qu’en le touchant.


·       Si vous pouviez rencontrer une personne célèbre (vivante ou morte), qui choisiriez-vous ? Pourquoi ?

J’aurais adoré bavarder avec Jean-Ferrat. Lui et moi aurions certainement eu bien des choses à nous dire sur le monde à refaire, nos colères, et sur la beauté de la chose la plus simple au monde, mais à la fois la plus compliquée : la vie. Mais je crois que par-dessus tout, les gens que je voudrais rencontrer ne sont ni célèbres (je me moque de la célébrité) ni vivants : des gens de ma famille, des ancêtres, que je n’ai pas connus.
 

·       Si vous pouviez recréer notre monde de manière loufoque et complétement utopique, comment l’imagineriez-vous ?

Assurément sans argent et sans politiciens.
 

·       Pouvez-vous nous donner 10 infos sur vous ?

Difficile à dire.

*L’information principale serait que j’ai terminé l’écriture d’un autre roman, que je travaille déjà sur le suivant et que les suivants des suivants me donnent déjà des coups de pied aux fesses.

*Je suis un Gaulois très réfractaire (j’ai mon caractère et je suis râleur). Je déteste la fatalité et la résignation, mais comme dit mon père « mieux vaut avoir un sale caractère que de ne pas en avoir du tout ».

*Je suis quelqu’un de passionné, j’aime les défis (si j’y vois un intérêt personnel).

*Je pleure devant les téléfilms de Noël et je me fiche de le dire, puisque comme disait notre cher Johnny « un homme qui ne pleure pas est un homme qui n’a pas de cœur ».

*J’aime écrire au coin du feu l’hiver et ça ne fait pas 10 infos, mais parler de soi n’est jamais très facile, alors, je vous laisse imaginer celles qui manquent.

 

 

Vous pouvez retrouver Jean-Marc Dhainaut :

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-       Sur son site

-       Sur le site des éditionsTaurnada

Vous pouvez retrouver la liste de ses ouvrages ici.

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